La permaculture, c’est quoi ?

J'ai écrit ce premier article, 'La permaculture, c'est quoi?' début 2018. Le second, "ça devrait décoller : la permaculture", a été publié en ce début 2020. Au moment même du 1er salon Permae (clic), qui a fait des débuts prometteurs aux grandes Halles de la Villette. 

La permaculture reste encore un sujet flou pour vous ? Voici quelques explications. Ce n'est que le début de cette tendance, habituons-nous à nous y référer !  La Pachamama nous en remerciera 🙂

Claire Lelong-Lehoang.

botanic @Arnaud Childeric

La permaculture, c'est quoi?

À la fois ancestrale et innovante, la permaculture reprend et améliore les enseignements de la Nature dans l'objectif de viser l’abondance et l’autonomie alimentaire.

La perma-culture, ce principe de "culture permanente", fut créé par le biologiste Bill Mollison dans les années 1970 en Australie. 50 ans après, elle est LE sujet d'intérêt majeur au jardin. La permaculture est en effet de plus en plus utilisée dans les potagers urbains se développant dans le monde entier, en lien avec le mouvement des Incroyables Comestibles (clic). « C’est un mouvement qui a gagné de l’ampleur en quelques années, explique Carine Mayo, auteur du Guide de la Permaculture (clic). Il apporte des réponses à ceux qui veulent inventer une société moins dépendante du pétrole ou simplement retrouver un lien avec la nature en cultivant leur jardin ». L'objectif de cet ensemble de techniques est en effet de nourrir tous les hommes de la planète,  de manière écologique et durable. Quel pari !

À contre-courant de l’agriculture moderne

« À cause de la monoculture et de l’utilisation d’engrais chimiques, de nombreuses zones agricoles sont de moins en moins utilisables, indique Karel Schelfhout, auteur du Bio Grow Book (clic). Basée sur la création d’écosystèmes, la permaculture offre alors à la fois un nouveau souffle à la terre, un nouveau rôle au jardinier, un nouvel espoir pour la santé et la consommation de végétaux ». Bill Mollison aussi démontre que cette notion dépasse largement un système d’agriculture : « La permaculture, c'est rendre possible les récoltes annuelles sans semer, c'est protéger le sol sous un couvert permanent, c'est mieux associer cultures et boisement… [Cela] correspond à tant de réalités déjà observées en France et dans le monde, à tant d’ingénieux procédés de paysans permaculteurs sans le savoir ! ».  

botanic @Arnaud Childeric

Les principes de la permaculture

La forêt est le modèle de la permaculture : son sol est protégé en permanence, non seulement par un paillage naturel mais aussi par l’absence de tout travail mécanique, de produit toxique ou d’engrais chimique ; plusieurs écosystèmes y interagissent (y compris les animaux, mammifères et poissons) ; l'alliance des végétaux fait sa force ; et elle se caractérise aussi par la présence forte de plantes pluriannuelles.

Au fil des années, les plantes se ressèment, l’arrosage est limité, le jardinier est là uniquement pour observer, faire quelques ajustements réfléchis et récolter uniquement ce dont il a besoin.

Une nouvelle conception du jardin… nourricier

« Cette approche donne des résultats étonnants dans les jardins, se réjouit Carine Mayo. Idéale pour ceux qui veulent produire eux-mêmes leur nourriture, la permaculture est bien plus qu’une méthode de culture, c’est une philosophie, une démarche globale qui s’appuie sur une éthique reposant sur trois piliers : prendre soin de la Terre, prendre soin des humains, partager équitablement les ressources et les récoltes ». Sepp & Margit Brunner, auteurs de La permaculture pour tous (clic), assurent qu’elle correspond même à « une nouvelle vision du monde, à une nouvelle vision de l’homme dans son milieu local »…

Pour aller plus loin, sont à lire :

botanic© Arnaud Childeric / La permaculture correspond à l’envie de revenir au naturel, et au besoin de profiter pleinement de son jardin sans trop s’en s’occuper ni investir. Les produits phares sont les plantes et les fruitiers biologiques, les pollinisateurs (ruche à bourdons), les coccinelles antipucerons, le composteur, la grelinette...

Votre curiosité (cette superbe qualité) est-elle suffisamment attisée pour avoir envie d'aller plus loin, et de lire mon second article sur le même thème? Oui ? Génial ! Après cette introduction, vous allez maintenant entrer concrètement dans le sujet et comprendre en quoi elle consiste -- et aussi comment les commerces en tirent parti. Bonne lecture! merci 🙂

Ça décolle : La permaculture

Le jardinage holistique se démocratise

Soutenue par les changements réglementaires (lois Labbé et Egalim qui interdisent les produits chimiques) et par les tendances écologiques, la permaculture se développe. Dans tous les jardins, même citadins, elle est la nouvelle grande tendance qui réunit les différentes techniques de jardinage au naturel. Mieux, elle est une philosophie de vie.  Bien sûr, le marché s’en empare.

                                                                                     Claire Lelong-Lehoang.

La permaculture est à la fois une pratique agricole ancestrale, une technique modernisée de jardinage écologique, et un art qui demande un certain savoir-faire. Plusieurs pionniers l’ont mise en application en Europe dès les années 1980, à l’image de Pierre Rabhi et des époux Hervé-Gruyer de la ferme du Bec Helouin (clic) entre autres. Depuis les années 2000, la notion de permaculture est même connue du grand public qui commence à s’y intéresser. Cependant, la version de cette ‘culture permanente’ proposée au plus grand nombre est réductrice : « Ce n’est pas que du jardinage, souligne Florence Mont, l’autrice du site Saine Abondance (clic) . Ni juste du bon sens, ni juste un effet de mode : c’est un ensemble de valeurs, de techniques et d’agencement spatial qui interagissent pour créer des cultures productives et respectueuses de la Terre ».

botanic Copyright Arnaud Childeric

Matériel déjà présent en rayons

De nombreux jardiniers appliquent parfois sans le savoir des principes permaculturels : paillage, compost, récupération d’eau, association de plantes, hôtel à insectes, nichoir... « Ces gammes sont déjà présentes dans nos magasins botanic® et sur notre site web depuis une dizaine d’années, explique Thomas Riou, responsable de rayon au magasin de Mouans Sartoux (06). Nous les complétons encore en améliorant nos paillages et purins, en proposant de nouveaux modèles de composteurs d’appartement… Nous développons aussi la technologie avec des potagers hors-sol et l’aquaponie -- Oui, c'est aussi ça, la permaculture! ». Les consommateurs sont de plus en plus ouverts à ces nouveautés qui changent des feu-produits phytosanitaires chimiques si familiers. Ils cherchent des informations dans les livres et les sites web mais s’y perdent : c’est en magasins qu’ils trouvent le conseil.  « Ils viennent même parfois en rendez-vous personnalisé pour bénéficier d’un accompagnement mensuel ».

Même en grande distribution

D’autres jardineries comme Truffaut et Jardiland arrivent aussi sur le créneau depuis 2019 : elles commencent à communiquer sur ce thème sur leur site web et à proposer des ateliers ponctuels en magasins. La permaculture intéresse même la GSA ! « E.Leclerc s'engage depuis toujours dans le respect de l'environnement, dont le jardinage, souligne Céline Overton, chef de groupe Jardinage. La permaculture correspond à nos valeurs et nous la travaillons de façon simple et ludique pour notre clientèle ». L’offre existe déjà dans les rayons et même certains drives proposent des références avec des marques nationales ou la marque MDD Beau Jour (terreaux UAB, produits pour favoriser la vie microbienne du sol…). « Les ventes décollent, constate Jean-Yves Gaudry, chargé de la Catégorie végétaux et spécialiste de la permaculture. Nous souhaitons désormais rendre cette pratique consciente pour que nos clients aillent plus loin : nous réalisons des tutos des conseils et des mises en avant en corners avec des produits croisés issus des différents rayons ».

À l’aube de l’année 2020, la permaculture est ‘vendue’ comme un ‘nouveau’ concept facilitant pour réussir son jardin sans budget, sans effort. Pourtant, la plupart des gens ont besoin d’être accompagnés pour faire les bons actes au bon moment : réaliser le design du jardin, respecter l’OBREDIM, vérifier l’état du sol… « Le manque d’information est encore énorme, considère Thomas Riou. En magasin, il reste encore à créer de véritables rayons Permaculture. Celle-ci fait partie de notre avenir tout comme elle fait partie de notre passé… Elle a assurément de beaux jours devant elle ».L

botanic© Arnaud Childeric/
Dans les magasins botanic®, le rayon Jardiner au naturel réunit une grande partie de l’offre Permaculture sans être encore estampillé ainsi. Chaque 1er samedi du mois, des animations sont proposées pour ‘jardiner autrement’.

LeclercGalec : Leclerc revendique ses deux forces : permettre aux clients qui n’iraient pas en jardinerie de découvrir quand même la permaculture en ayant accès à des produits d’experts ; et rendre les produits accessibles également en terme de budget. « Nous réalisons des assortiments bien sûr plus ciblés et restreints qu’en circuit spécialisé, facilitant le choix à nos consommateurs ».

*SONDAGE / Que disent les consommateurs ?

Enquête Efficience 3 réalisée online pour Média et Jardin auprès de 1 008 consommateurs, en novembre 2019. Extraits.

28,9% des consommateurs interrogés n’ont jamais entendu parler de permaculture et 43,2% aimeraient en savoir plus à ce sujet.

36,9% des consommateurs interrogés se disent prêts à se lancer dans la permaculture.

26,1% des consommateurs interrogés souhaitent être mieux informés sur la permaculture via des reportages dans des émissions de jardinage à la TV ; 20,1% via des reportages dans des magazines spécialisés ; 17,9% via des cours et sessions de formation dans leur jardinerie ; 17,2% via des livres et ouvrages de référence sur la permaculture.

botanic Copyright Arnaud Childeric

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