Jardinage : Préparer le retour aux méthodes naturelles

J'ai écrit cet article pour le numéro de septembre 2017 du magazine Jardineries, rubrique « ça devrait décoller ». Sujet : la lutte avec les auxiliaires au jardin et la préparation du retour aux méthodes naturelles. Le jardin écologique redevient enfin une évidence, victoire ! Voici quelques informations passionnantes que j'ai envie de partager avec vous. 

Préparer le retour aux méthodes naturelles

À l’horizon de janvier 2019, tous les produits chimiques seront interdits au jardin. Dès aujourd’hui, il est sage de se préparer au retour des produits naturels, car ils vont certainement être en pleine croissance à partir de cette date.

Larves de coccinelles, nématodes, pièges à phéromones, chrysopes, acariens prédateurs… La lutte avec les auxiliaires représente actuellement seulement 2% du marché, soit 3,2 M€ (200 000 unités de vente fin avril 2017) ; et c’est un segment en évolution à 2 chiffres ! « Les ventes évoluent très positivement mais lorsque ce rayon est en pur libre-service, elles sont beaucoup plus compliquées, précise Daniel Fabre, directeur commercial chez Crea, qui apporte déjà un élément de réponse à la question Pourquoi l'offre de lutte avec les auxiliaires n’a-t-elle pas encore décollé malgré l’intérêt pour général pour l'écologie ? Ces méthodes de lutte demandent en effet des connaissances (savoir identifier le ravageur, savoir utiliser les auxiliaires) -- et également de la patience. Contrairement aux produits chimiques, réputés efficaces, rapides, et moins onéreux, leur spectre est restreint et elles paraissent plus compliquées à mettre en œuvre. Ce sont par ailleurs des produits encore difficiles à trouver en vente directe : durée de conservation courte, stockage en réfrigérateur... les insectes vivants sont difficiles à mettre en place en magasin. Par conséquent, peu d’enseignes les proposent. « La solution est la vente en pack prépayé avec envoi direct au domicile du consommateur. Mais la non disponibilité immédiate du produit est un frein important ».

La formation & l’information, essentielles

Il est facile de vendre un insecticide à large spectre, beaucoup moins de vanter les mérites de la lutte avec auxiliaires sans connaissance technique. La formation des vendeurs en magasin n’est aujourd’hui pas optimale alors que le conseil reste primordial auprès de la clientèle. La meilleure solution pour que ce rayon décolle, c’est d’en parler encore et encore ! Chez Scotts par exemple, les vendeurs sont formés en Jardinage Raisonné, des vidéos et démonstrations sont diffusées en magasins, et le site web Lapausejardin.fr (clic) propose des articles informatifs ; Crea également propose ILV et PLV pour interpeller le consommateur en exprimant un message simple : ces solutions sont déjà utilisées en agriculture et ça marche ! « Apporter au grand public de la connaissance les aidera à voir les auxiliaires comme des réelles solutions, modernes, explique Sébastien Rousselle chez Biotop. Il faut créer la demande ». Le rôle des magazines est aussi de donner des explications complètes et illustrées, vulgarisant et démystifiant ces alternatives.

Objectif : agir en préventif

Du fait de la réglementation, les jardiniers seront de plus en plus obligés à revenir à ces solutions naturelles. « Aujourd’hui, les clients ne viennent chercher en magasin qu’une solution de secours quand ils ont un problème, note Marion Vitupier, Trade Marketing Manager chez Scotts. Il faudra bientôt au contraire anticiper, passer plus de temps à observer la nature ». Les pièges à phéromones par exemple, servent essentiellement à la détection de l’infestation, au contrôle de population, et non comme insecticide (dans un second temps, il faudra passer à des produits naturels comme l’huile de colza). « Les gens s’y mettent mais il y a encore une grande différence entre les convictions et l’acte d’achat ».

L’exemple des larves de coccinelle contre les pucerons

« C’est une solution qui reste efficace quand elle est utilisée dans bonnes conditions, explique Sébastien Rousselle de Biotop. Beaucoup de jardiniers craignent que les coccinelles ne partent dans le jardin du voisin… Pourtant, ce ne sera pas le cas si elles ont suffisamment à manger dans le vôtre – il faut donc développer en amont une bonne biodiversité. Il faut rappeler que ces solutions fonctionnent ! Pour preuve : elles sont utilisées par des agriculteurs et des professionnels avec succès en agriculture biologique et même conventionnelle. Des méthodes approuvées depuis 10 ans ! ». Coccifly® et Coccilaure® sont vendues chez Truffaut (clic), Gamm Vert (clic) ou sur des sites de jardinage en ligne.

coccinelle

SONDAGE / Que disent les consommateurs ?

Enquête Efficience 3 réalisée online pour Média et Jardin. Groupe J auprès de 1 006 consommateurs, possesseurs de jardin en avril 2017. Extraits.

50,6% des consommateurs interrogés estiment qu’une bonne biodiversité et donc la présence de certains animaux, peut améliorer la productivité des jardins de façon ‘plutôt significative’.

52,5% estiment qu’ils sont ‘plutôt mal informés’ sur la connaissance des animaux qui peuvent les aider pour leur  jardin ou leurs plantations.

57,9% ont complètement supprimé les pesticides dans leur jardin au cours de l’année écoulée – 67,3% les ont supprimés en partie ou diminués.

22,1% ont acheté dans l’année écoulée des larves de coccinelles, nématodes ou autres animaux pour lutter contre les ravageurs du jardin. Et 12,9% ont acheté des pièges à phéromones pour attirer les mâles et empêcher la prolifération de l’espèce.

54,6% estiment ne pas connaitre suffisamment les larves de coccinelles, nématodes ou autres animaux utilisées dans la lutte biologique ; 65,9% estiment ne pas connaitre suffisamment les pièges à phéromones.

Et vous, vous connaissez et utilisez les insectes auxiliaires au jardin?

 

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